Sarah Knafo se retire à Paris et refuse tout ralliement personnel à Rachida Dati

La droite parisienne aborde le second tour dans une configuration resserrée. Arrivée au-dessus de 10 % au premier tour des municipales du dimanche 15 mars, Sarah Knafo a annoncé ce mardi 17 mars qu’elle retirait sa liste. La candidate Reconquête ! dit vouloir empêcher une victoire de la gauche. Mais elle prend soin de marquer une ligne rouge : ce retrait ne vaut pas soutien personnel à Rachida Dati.

Un premier tour qui a rebattu les cartes

À Paris, Emmanuel Grégoire est arrivé en tête avec 37,98 % des voix. Rachida Dati suit avec 25,46 %. Pierre-Yves Bournazel a obtenu 11,34 % et Sophia Chikirou 11,72 %. Sarah Knafo a, elle aussi, franchi le seuil nécessaire pour se maintenir, de peu, grâce notamment à ses scores élevés dans l’ouest parisien. Ce seuil de 10 % permet à une liste de se maintenir au second tour.

Pendant deux jours, son maintien a donc pesé dans les discussions d’entre-deux-tours. La candidate d’extrême droite avait plaidé pour une union des droites. En face, Rachida Dati a refusé toute alliance avec elle.

Une phrase pour clarifier sa position

Dans un entretien publié ce mardi, Sarah Knafo assume son retrait au nom d’un objectif unique : battre la gauche à Paris. Elle affirme aussi qu’il ne s’agit pas d’un ralliement politique à Rachida Dati. Sa formule est nette. Elle dit se retirer « pour Paris », et non pour la candidate LR.

Cette précision compte politiquement. Elle lui permet de préserver sa ligne, tout en appelant ses électeurs à faire barrage à la gauche. En revanche, elle évite de donner à Rachida Dati un soutien plein et entier qui aurait brouillé son positionnement.

Dati consolide son camp

Dans le même temps, Pierre-Yves Bournazel a finalement fusionné sa liste avec celle de Rachida Dati. Cette fusion renforce la candidate LR avant le second tour du dimanche 22 mars. Elle permet aussi d’éviter une dispersion supplémentaire des voix à droite et au centre.

Le retrait de Sarah Knafo change donc l’équation. Il écarte le risque d’une quadrangulaire avec une droite éclatée. Mais il ne règle pas tout. Rachida Dati devra encore convaincre au-delà de son bloc, alors que l’écart du premier tour avec Emmanuel Grégoire reste important.

Reconquête s’installe malgré tout

Sur le plan politique, Sarah Knafo peut revendiquer un résultat. Sa qualification au second tour a montré que Reconquête ! pouvait exister dans la capitale, surtout dans les arrondissements les plus favorables à la droite. Le Parisien souligne d’ailleurs ses performances solides dans l’ouest parisien, où elle dépasse le niveau atteint par Éric Zemmour lors de la présidentielle de 2022 dans plusieurs secteurs.

En se retirant après avoir franchi le seuil des 10 %, elle conserve donc un levier politique. Elle n’obtient pas d’accord avec Rachida Dati. Cependant, elle impose son thème de campagne sur l’union des droites au cœur de l’entre-deux-tours.

Le second tour dira désormais si ce choix modifie réellement le rapport de force à Paris. Une chose est déjà acquise : Sarah Knafo a choisi de se retirer pour peser sans s’effacer derrière Rachida Dati, tandis que cette dernière devra porter seule la bataille face à Emmanuel Grégoire

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