Une filière d’excellence en pleine expansion
L’aéronautique et le spatial français confirment leur vitalité : le Groupement des industries françaises de l’aéronautique et du spatial (Gifas) a enregistré 85,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, soit une croissance de près de 12 % par rapport à 2024. Une performance qui illustre, une fois de plus, la capacité de l’industrie française à s’imposer comme une puissance de premier rang sur la scène mondiale.
Le Gifas, qui regroupe désormais 538 adhérents — dont 167 ETI, 230 PME et 106 start-up —, affiche un carnet de commandes frôlant les dix années d’activité garantie. Le délégué général de l’organisation, le général Frédéric Parisot, a présenté ces résultats ce mercredi.
Civil et militaire : une croissance équilibrée
La filière repose sur deux piliers d’égale vigueur. Le secteur civil génère 63,3 milliards d’euros (+11,9 %), tandis que le secteur militaire atteint 22,3 milliards d’euros (+12,1 %). Une symétrie remarquable qui témoigne de la solidité structurelle de l’industrie aérospatiale nationale.
Le spatial, pour sa part, enregistre un chiffre d’affaires de 5,3 milliards d’euros, en progression de 10,8 % contre seulement 2,6 % en 2024. Cette accélération est portée notamment par Ariane 6, dont la montée en cadence se confirme avec un sixième vol commercial réalisé sans la moindre défaillance.
La LPM en question : prudence sur les promesses budgétaires
Si le projet de loi de programmation militaire (LPM) prévoyant une augmentation du budget des armées de 36 milliards d’euros sur la période 2026-2030 suscite l’intérêt de la filière, le général Parisot tempère l’enthousiasme. « Il y a un risque significatif que la LPM ne tienne pas plus d’un an », avertit-il, rappelant que l’échéance présidentielle de 2026 constitue une inconnue majeure.
Concernant le Rafale, quelques livraisons seront décalées au début de la prochaine décennie, mais les appareils seront produits au standard F5, indispensable pour maintenir la compétitivité de l’avion à l’exportation face à une concurrence internationale acharnée. La souveraineté industrielle de la France dans ce domaine reste un impératif stratégique non négociable.
21 300 embauches en 2025, 20 000 prévues en 2026
Sur le front de l’emploi, la dynamique est tout aussi encourageante : 21 300 recrutements ont été réalisés en 2025, générant 7 000 emplois nets supplémentaires pour un total de 230 000 emplois dans la filière. Les recrutements ont progressé de 3 % en un an.
Pour 2026, le Gifas annonce 20 000 intentions de recrutement. Les profils les plus recherchés restent :
Ces métiers sont en forte tension, soumis à une concurrence directe avec les secteurs naval et nucléaire. À noter également une progression du taux de féminisation, passé de 28 % en 2024 à 30 % en 2025.
La Nouvelle-Aquitaine, première région aéronautique de défense
Avec 40 000 emplois et 500 entreprises, la Nouvelle-Aquitaine se positionne comme la troisième région française en termes d’écosystème industriel aérospatial, derrière Paris et Toulouse. Elle occupe cependant la première place nationale en matière d’aéronautique de défense et de maintien en condition opérationnelle des équipements militaires.
Ce tissu industriel régional dense illustre ce que la France sait faire de mieux : ancrer une excellence technologique dans ses territoires, au service de sa puissance et de son indépendance stratégique.
