Un réseau ferroviaire sous pression thermique à une semaine des grands départs
La SNCF a supprimé près de 10 % de ses trains en raison de la canicule qui frappe la France, a annoncé jeudi 25 juin le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet. À une semaine des premiers grands départs estivaux, l’entreprise publique n’exclut pas de nouvelles suppressions si la sécurité des voyageurs venait à être compromise.
Sur les quelque 15 000 trains circulant habituellement chaque jour sur le réseau français — TGV, Intercités et trains régionaux confondus —, seuls 14 000 environ sont actuellement en service. Face à cette situation, SNCF Voyageurs a rendu gratuites les demandes de remboursement et d’échange de billets pour les voyageurs contraints d’annuler leur trajet.
« Le système tient » — mais jusqu’à quand ?
« Le système tient », a assuré Christophe Fanichet, tout en reconnaissant que certaines rames anciennes, notamment des trains Corail dotés de systèmes de climatisation insuffisants, ont dû être retirées du réseau. Une situation similaire a été observée dans la plupart des pays européens ces derniers jours.
Le PDG de la SNCF s’est néanmoins déclaré prêt à « prendre ses responsabilités » en procédant à des annulations supplémentaires si la sécurité des voyageurs et des cheminots l’exigeait. Les dates les plus critiques restent les vendredi 3 juillet et vendredi 10 juillet, pics traditionnels des départs en vacances.
En Nouvelle-Aquitaine, 50 % du trafic suspendu aux heures les plus chaudes
La région Nouvelle-Aquitaine, particulièrement exposée aux fortes chaleurs, a pris des mesures drastiques : toutes les circulations ferroviaires régionales sont suspendues entre 10 heures et 18 heures, entraînant une réduction de 50 % du plan de transport régional.
« On a baissé le nombre de trains pour protéger les voyageurs et les agents », justifie la SNCF. Une décision qui illustre, une fois de plus, la vulnérabilité criante d’une infrastructure vieillissante face aux aléas climatiques.
Les caténaires, talon d’Achille du réseau
La chaleur extrême provoque la détente des caténaires — ces fils électriques longeant les voies pour alimenter les trains en énergie. Sous l’effet des températures, certains peuvent se déchirer au passage des convois, coupant instantanément l’alimentation électrique et la climatisation. Un tel incident s’est produit la semaine dernière à proximité de la gare de l’Est, à Paris.
Ce phénomène n’est pas une surprise : il est la conséquence prévisible d’un réseau conçu pour un climat que la France ne connaît plus. La question de l’adaptation structurelle ne peut plus être esquivée.
Un budget en hausse, des promesses à tenir
Pour faire face au réchauffement climatique, la SNCF mise sur une augmentation de 50 % de son budget de régénération du réseau : 4,5 milliards d’euros par an à partir de 2028, contre 3 milliards actuellement. L’objectif affiché est de rendre l’infrastructure ferroviaire plus « résiliente ».
Reste à savoir si ces investissements, certes nécessaires, seront suffisants et suffisamment rapides pour répondre à une réalité climatique qui, elle, n’attend pas les calendriers budgétaires. Le service public ferroviaire, fleuron de la puissance industrielle française, ne saurait être sacrifié à des décennies de sous-investissement chronique.
