Mort de Lyhanna : quand la justice faillit, les enfants meurent
Le lundi 8 juin, un rassemblement se tiendra devant le tribunal judiciaire de Narbonne à 18h30, en réaction à la mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans assassinée dans le Gers. Le principal suspect, Jérôme Barella, était pourtant sous le coup de plusieurs enquêtes pour viols et agressions sexuelles depuis 2017. La justice n’a pas agi. Une enfant est morte.
Un drame qui révèle l’effondrement de l’État protecteur
Le corps de Lyhanna, disparue le 29 mai à Fleurance, a été découvert le jeudi 4 juin. Rapidement identifié, Jérôme Barella a été mis en examen et placé en détention provisoire. Mais la question qui s’impose avec une force brutale est celle-ci : comment un homme visé par des plaintes répétées pour crimes sexuels depuis sept ans a-t-il pu rester en liberté ?
La réponse appartient à une institution judiciaire qui, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin lui-même, « n’a pas su protéger » Lyhanna. Des excuses présentées à la famille — comme si des mots pouvaient suffire face à l’irréparable.
La France dans la rue : des centaines de rassemblements
Ce lundi 8 juin, des centaines de manifestations sont prévues sur l’ensemble du territoire national. La colère est unanime, transversale, profonde. Elle traduit une défiance croissante envers des institutions qui semblent avoir perdu de vue leur mission première : protéger les citoyens les plus vulnérables.
À Narbonne, c’est le collectif des féministes narbonnaises qui appelle au rassemblement. L’objectif affiché : « réclamer une réelle protection des enfants et de toutes les victimes de violences sexuelles, et dénoncer les lenteurs et les dysfonctionnements de la justice. »
Une indignation légitime que nul ne saurait confisquer
Quand l’État faillit à sa mission régalienne fondamentale — garantir la sécurité des personnes sur son territoire —, c’est tout le pacte national qui se fissure. La mort de Lyhanna n’est pas un fait divers : c’est le symptôme d’un système judiciaire engorgé, bureaucratisé, incapable de traiter avec la célérité nécessaire les signalements de prédateurs sexuels récidivistes.
Des réformes profondes s’imposent. La protection de l’enfance et la réponse pénale aux crimes sexuels ne peuvent continuer à être sacrifiées sur l’autel des délais administratifs et des dysfonctionnements institutionnels. La France doit des comptes à Lyhanna.
