Crise dans le détroit d’Ormuz : le Charles de Gaulle cloué sur zone malgré les rumeurs de départ

Crise dans le détroit d’Ormuz : le Charles de Gaulle cloué sur zone malgré les rumeurs de départ

L’État-major français a dû monter au créneau ce 14 juin pour démentir les informations circulant dans plusieurs médias nationaux, selon lesquelles le porte-avions Charles de Gaulle s’apprêtait à quitter ses positions au large de la péninsule arabique. Déployé depuis mi-mai sur ordre d’Emmanuel Macron, le fleuron de la Marine nationale « reste sur zone jusqu’à nouvel ordre ».

Un démenti en bonne et due forme

Le porte-parole de l’État-major, le colonel Guillaume Vernet, a pris la parole pour couper court aux spéculations. Il a précisé que si « les sujets de maintenance et les échéances techniques » entrent bien dans les critères de planification opérationnelle, « une maintenance est toujours reportable ».

La veille, BFMTV avait pourtant annoncé — de source militaire — le départ imminent du Charles de Gaulle vers son port d’attache de Toulon pour une période de réparations, avec un remplacement prévu par le porte-hélicoptères Mistral en Méditerranée orientale. L’information avait été reprise en chœur par plusieurs rédactions françaises.

Un départ qui tomberait au plus mauvais moment

Le calendrier rendait effectivement toute retraite politiquement embarrassante. Donald Trump multiplie depuis plusieurs jours les annonces sur l’imminence d’un accord avec l’Iran et la réouverture du détroit d’Ormuz — voie de passage de 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, bloquée de facto par le conflit israélo-iranien.

C’est précisément pour être présent à cet instant décisif que le Charles de Gaulle avait été déployé. Macron s’est autoproclamé, aux côtés du Premier ministre britannique Keir Starmer, chef d’une coalition maritime d’États « non-belligérants », promettant une mission d’escorte de tankers et de porte-conteneurs « dès que possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit ».

La posture française en question

Lors du passage du Charles de Gaulle en mer Rouge début mai, un conseiller élyséen s’était répandu auprès des journalistes, affirmant que la traversée du canal de Suez constituait « le signal que non seulement nous sommes prêts à sécuriser le détroit d’Ormuz, mais que nous en sommes aussi capables ». Belles paroles, dont l’écho résonne aujourd’hui avec une certaine ironie.

Car cette posture attentiste — défensive, prudente, en retrait d’un conflit qui touche pourtant directement les intérêts européens — a valu aux alliés de l’OTAN les sarcasmes cinglants de Trump lui-même, qui les a qualifiés de « vrais tigres de papier », « inutiles quand on avait besoin d’eux ».

La France, qui se targue de puissance militaire indépendante héritière du gaullisme, se retrouve ainsi à faire des ronds dans l’eau — au sens propre comme au sens figuré — pendant que les grandes puissances règlent le sort du Moyen-Orient sans elle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *