Évian transformée en bunker pour accueillir les maîtres du monde
Depuis ce lundi 15 juin, la France accueille le sommet du G7 à Évian, transformant cette paisible station thermale des bords du lac Léman en véritable forteresse. Quelque 14 000 agents des forces de sécurité françaises — policiers, gendarmes, militaires, pompiers — ont été mobilisés pour protéger une réunion de dirigeants dont la légitimité à gouverner les affaires du monde est de plus en plus ouvertement contestée.
Le dispositif déployé dépasse tout ce que la France a connu pour un sommet international : radars, systèmes de défense sol-air, lutte anti-drones. Dans les airs, tout aéronef survolant la zone doit être accrédité. Au sol, les passeports sont contrôlés dès la descente du train.
Une « zone rouge » hermétiquement fermée au peuple français
La ville d’Évian est désormais classée en « zone rouge » — un périmètre totalement verrouillé, inaccessible sans badge spécifique ni fouilles préalables. L’hôtel Royal, où se réunissent les chefs d’État et de gouvernement, constitue une « bulle » surprotégée, coupée de la réalité du pays qui l’héberge.
C’est sur l’aéroport de Genève, en territoire suisse, que atterrissent tous les invités du sommet, dont le président américain Donald Trump. De l’autre côté du lac, la Suisse a elle-même déployé 4 000 soldats pour sécuriser les approches.
On est en droit de s’interroger : à qui appartient donc ce territoire ainsi confisqué ? À la République française et à ses citoyens, ou aux intérêts d’une gouvernance mondiale qui n’a de comptes à rendre à personne ?
Genève se soulève : 20 000 manifestants contre l’ordre mondialiste
C’est en Suisse que la résistance populaire s’est organisée avec le plus de vigueur. Quelque 20 000 manifestants ont défilé à Genève, brandissant des pancartes dénonçant le G7 comme instrument d’un impérialisme économique et politique dont les peuples font les frais.
La présence annoncée de Donald Trump a cristallisé une partie des tensions. Thibaud, venu de France pour manifester, résume l’état d’esprit de nombreux participants : « Le G7 représente une manière de gérer la géopolitique mondiale et un impérialisme qui est déjà questionnant. »
Maxime, habitant de Genève, dénonce quant à lui la soumission des autres membres du G7 à Washington : « On trouve insupportable que les pays du G7 continuent à se soumettre à Donald Trump, alors qu’on voit qu’il y a un drame humain qui se passe. » Une critique qui, pour une fois, rejoint celle que tout souverainiste français formule depuis des années : l’Europe et la France ont abdiqué leur indépendance face à la puissance américaine.
Des débordements en marge d’une contestation légitime
En queue de cortège, des groupes de casseurs ont tenté de s’attaquer à plusieurs symboles du capitalisme mondialisé : banques, multinationales, Organisation internationale du travail. Des véhicules ont été incendiés, contraignant la police à utiliser des gaz lacrymogènes.
Ces violences marginales ne sauraient disqualifier la protestation dans son ensemble. La manifestation s’est déroulée dans le calme pour l’essentiel, portée par des milliers de citoyens qui refusent que leur destin soit scellé dans des hôtels de luxe, loin de tout contrôle démocratique.
Un G7 qui interroge la souveraineté nationale
La question mérite d’être posée sans détour : à quoi sert ce G7, sinon à entériner des décisions prises ailleurs, par des forces que ni les Français ni aucun autre peuple n’ont élues ? La France, pays de De Gaulle, nation qui a su dire non aux diktats de l’OTAN et aux injonctions de Washington, mérite mieux que de servir de décor à ce théâtre de la gouvernance mondiale.
Pendant trois jours, Évian sera le centre du monde selon les organisateurs. Pour des millions de Français, elle sera surtout le symbole d’une souveraineté confisquée.
