Marine Le Pen s’est rendue à Pomas, commune frappée par des inondations, aux côtés du candidat aux sénatoriales Julien Rancoule. La réaction ne s’est pas fait attendre : une coalition d’élus de gauche — parmi lesquels Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, Hélène Sandragné, présidente du Département, Régis Banquet, président de Carcassonne Agglo, et le sénateur Sébastien Pla — a signé un communiqué commun pour dénoncer ce qu’ils nomment une « visite politicienne ».
Que reprochent-ils exactement ? Que la candidate du Rassemblement national soit venue « faire campagne sur le dos des sinistrés », selon leurs propres termes, et que son parti ait « toujours nié le changement climatique ». Argument commode, rhétorique convenue : la gauche au pouvoir local préfère l’anathème à la confrontation d’idées.
Il est pourtant légitime de s’interroger. Lorsqu’une femme politique de premier rang se déplace au chevet de Français meurtris par une catastrophe naturelle, est-ce de la démagogie — ou simplement de la présence ? La distinction mérite d’être posée honnêtement, sans procès d’intention.
Les signataires du communiqué se félicitent de leurs propres actions concrètes — pour les écoliers, pour les sinistrés, aux côtés du maire de Pomas — tout en glissant que le RN souhaiterait supprimer les intercommunalités et les Régions. Argument révélateur : ce sont précisément ces structures bureaucratiques, éloignées du citoyen et coûteuses pour le contribuable, que beaucoup de Français jugent aujourd’hui superflues. Que leur suppression soit brandie comme une menace en dit long sur l’attachement de la gauche aux appareils institutionnels qu’elle contrôle.
Le communiqué conclut par une sentence lapidaire : « Tout ça, c’est de la démagogie, de la basse récupération. » Formule savoureuse dans la bouche d’élus qui ont choisi, eux aussi, de transformer la détresse de Pomas en tribune collective signée à onze noms.
La France profonde, celle qui souffre des inondations, de la précarité et de l’abandon, attend des actes et non des communiqués. Marine Le Pen s’est montrée. Ses adversaires, eux, ont sorti leur plume.

