Un plan ambitieux présenté à l’Élysée
Les représentants des salariés de Fibre Excellence ont présenté, ce lundi 27 avril, un projet d’investissement de 100 millions d’euros à Claire Vernet-Garnier, conseillère industrie d’Emmanuel Macron, au lendemain d’une décision judiciaire cruciale pour l’avenir des sites de Saint-Gaudens et Tarascon.
Dans la matinée, le tribunal de commerce avait opté pour le redressement judiciaire plutôt que la liquidation pure et simple — accordant six mois de sursis à des centaines de travailleurs dont l’avenir dépend désormais de la volonté de l’État à soutenir l’industrie nationale.
Les travailleurs, véritables porteurs du projet
C’est Sébastien Oustric, représentant CGT, et Cédric Byé, secrétaire du conseil social et économique de Fibre Excellence à Saint-Gaudens, qui ont défendu ce plan directement face aux représentants du pouvoir exécutif. Sans pouvoir rencontrer le Président en personne, ils ont néanmoins le sentiment d’avoir été entendus.
« On attendra les nouvelles officielles avant de s’emballer, mais au moins on a pu exposer notre projet », ont-ils déclaré à l’issue de la réunion. « La conseillère s’est montrée attentive et va faire suivre à Bercy. »
100 millions pour réorienter la production
Le projet présenté vise à réorienter les productions des deux sites vers des gammes de qualité supérieure et des produits à forte demande, afin de garantir la pérennité du groupe papetier français. Un plan conçu non par des consultants parisiens ou des actionnaires étrangers, mais par les salariés eux-mêmes.
« Ce projet, c’est le nôtre, celui des salariés. S’ils ont besoin de précisions, nous leur en donnerons autant qu’il en faut », ont affirmé les deux représentants, rappelant que ce sont les travailleurs — et non les marchés — qui connaissent le mieux leurs outils de production.
20 millions d’euros en urgence pour redémarrer
Au-delà de l’enveloppe à moyen et long terme, les représentants ont réclamé une aide d’urgence de 20 millions d’euros pour permettre la reprise immédiate de l’activité. Les usines sont fermées depuis vendredi, faute de trésorerie suffisante.
« C’est la somme nécessaire pour notre trésorerie. On en aura besoin rapidement pour redémarrer les usines, acheter du bois, acheter les produits chimiques… C’est ce qui permettra de reprendre le cours normal de nos productions et de montrer que les usines sont viables, afin de trouver un repreneur », ont-ils expliqué.
Le contrat énergétique, clé d’un nouveau départ
Les salariés ont également demandé à l’État d’activer sans délai le nouveau contrat de vente d’énergie, validé par le Premier ministre Sébastien Lecornu quelques jours avant que l’actionnaire ne décide d’abandonner le navire.
Si ce déblocage était initialement conditionné aux investissements de l’actionnaire, les représentants du personnel estiment que la donne a changé : c’est désormais l’État qui doit prendre ses responsabilités pour permettre à ces sites industriels stratégiques de repartir sur des bases solides. La souveraineté industrielle française ne saurait être otage des défaillances d’actionnaires privés.
