La réforme de l’audiovisuel public divise l’Assemblée
Le rapport Alloncle, consacré à la refonte de l’audiovisuel public français, a été validé et publié malgré une vive opposition au sein même de la majorité. Adopté à une courte majorité de douze voix contre dix, ce texte portant 80 propositions de transformation radicale du paysage médiatique public suscite déjà une riposte organisée.
Parmi les mesures phares : la suppression de certaines chaînes, la fusion de France 2 et France 5 en une entité unique, et la disparition de plusieurs antennes radio publiques.
Un contre-rapport annoncé par le MoDem
Le député centriste Erwan Balanant a annoncé sa décision de produire un document alternatif. « Nous allons expertiser les 80 propositions une à une et démontrer que la plupart d’entre elles sont délétères pour le service public et la démocratie », a-t-il déclaré, promettant « quelque chose qui est de l’ordre d’un contre-rapport ».
Une offensive parlementaire qui révèle les fractures profondes au sein de la coalition gouvernementale sur la question de l’indépendance et du financement des médias publics.
Un projet qualifié de « simpliste »
Pour Balanant, le rapport pèche par excès de réduction idéologique. Il dénonce une vision binaire opposant, d’un côté, « un audiovisuel public repris en main par les pouvoirs publics avec beaucoup moins de moyens » et, de l’autre, « une dérégulation des médias où chacun pourrait ce qu’il veut sans aucun contrôle ».
Derrière cette querelle de méthode se profile une bataille idéologique de fond sur le rôle de l’État dans la régulation du paysage médiatique national.
Une abstention assumée
Lors du vote, Balanant a choisi l’abstention, à l’instar de plusieurs élus de la majorité. Il justifie ce positionnement par la volonté d’« éviter de ne plus avoir de rapport du tout » et de ne pas « déclencher une machine à fantasmes ».
Le député tient néanmoins à relativiser la portée du texte : « Ce n’est pas une loi », rappelle-t-il, refusant par ailleurs de « faire de Charles Alloncle une victime ».
Un rapport contesté dès avant sa publication
Malgré quelques ajustements de dernière minute jugés marginaux par ses détracteurs, le rapport demeure, aux yeux de Balanant, l’expression exclusive de la vision de son auteur. « Pour moi, c’est uniquement le rapport de Charles Alloncle », tranche-t-il.
Le texte, largement commenté avant même sa publication officielle, s’annonce comme le point de départ d’un débat parlementaire qui promet d’être âpre sur l’avenir de l’audiovisuel public français.
