C’était en marge du Sommet de l’élevage en Auvergne, loin de l’agitation des préaux saccagés et des grilles cadenassées, qu’Éric Zemmour a choisi de prendre la parole avec une franchise que l’on entend trop rarement dans le débat public français. Devant la presse, le président de Reconquête a exprimé avec une clarté sans ambiguïté ce que beaucoup pensent tout bas face aux images de lycées vandalisés, parfois flambant neufs, livrés aux flammes et aux destructions par des individus que l’on ose à peine appeler des élèves.
« Évidemment qu’on ne brûle pas son lycée, parfois tout neuf en plus, a-t-il déclaré. Donc évidemment qu’il faut réprimer sévèrement ces gens. Il faut les exclure des lycées où ils sont. Il faut faire payer leurs parents jusqu’à la nuit des temps, quitte à leur prendre sur leurs allocations sociales. C’est absolument honteux. » Des mots qui tranchent, qui choquent peut-être certains, mais qui posent une question de fond que la République ne peut indéfiniment esquiver : qui paie, au bout du compte, pour la destruction d’un patrimoine collectif bâti avec l’argent du contribuable français ?
Zemmour est allé plus loin en appelant au rétablissement de la loi anti-casseurs, supprimée en 1981 sous l’ère Mitterrand, cette grande braderie idéologique qui, en abolissant les peines collectives et les sanctions d’emprisonnement associées, a progressivement désarmé l’État face à la violence de rue. Ce n’est pas un détail d’histoire législative : c’est le moment précis où la France a commencé à renoncer à se défendre elle-même, préférant l’indulgence systématique à l’autorité républicaine. Quarante ans de laxisme ont produit leurs fruits amers, et les lycées qui brûlent aujourd’hui en sont l’héritage direct.
Le leader de Reconquête, qui n’a pas encore officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, a également désigné La France insoumise comme le carburant idéologique de ces mouvements de protestation, l’accusant d’« attiser » délibérément les braises de la contestation lycéenne. Il a établi un parallèle saisissant avec les émeutes de l’été 2023, déclenchées après la mort du jeune Nahel, et avec les violences récurrentes qui accompagnent les matchs du Paris Saint-Germain, pour pointer une réalité que les médias dominants s’évertuent à taire : « C’est toujours les mêmes qui cassent », a-t-il affirmé, évoquant « la France des banlieues, la France largement arabo-musulmane ».
« C’est le combat entre ce que j’ai appelé la France éternelle et la nouvelle France de Mélenchon », a conclu Éric Zemmour, formulant ainsi une opposition qui dépasse largement la question des blocus de lycées. D’un côté, une France enracinée dans son histoire, ses institutions, sa civilisation millénaire, qui exige l’ordre, le respect du bien commun et la responsabilité individuelle. De l’autre, une France recomposée, fragmentée, instrumentalisée par une gauche radicale qui a fait de la subversion son fonds de commerce électoral. Entre ces deux France, il faudra bien, un jour, choisir.

