Le géant américain des services pétroliers Baker Hughes (NASDAQ:BKR) anticipe une fermeture prolongée du détroit d’Hormuz, cette artère vitale du commerce énergétique mondial. Selon Ahmed Moghal, directeur financier de la filiale Moyen-Orient, la réouverture complète de ce passage stratégique pourrait n’intervenir qu’au second semestre 2026.
Un conflit qui paralyse 20% de l’approvisionnement pétrolier mondial
Cette prévision pessimiste s’appuie sur l’escalade du conflit américano-iranien qui menace directement les flux énergétiques. Le détroit d’Hormuz, verrou géographique entre le golfe Persique et l’océan Indien, voit transiter un cinquième de la production pétrolière planétaire.
L’entreprise texane intègre désormais dans ses projections financières la poursuite des tensions jusqu’à fin juin au minimum. Pire encore : Baker Hughes estime que le détroit pourrait ne retrouver sa pleine capacité opérationnelle qu’après la fin 2025.
Les professionnels du secteur partagent ce pessimisme
Une enquête menée par la Réserve fédérale de Dallas auprès de près de 100 dirigeants pétroliers et gaziers confirme ces craintes. Près de 80% des sondés n’anticipent pas de réouverture avant août prochain, voire bien plus tard.
Pour Lorenzo Simonelli, PDG de Baker Hughes, cette situation marque une rupture historique. « Le risque géopolitique est devenu une réalité structurelle pour les marchés du pétrole et du gaz », a-t-il déclaré, évoquant des primes de risque persistantes sur les cours du brut et du gaz naturel liquéfié.
Des résultats financiers malgré les turbulences
Paradoxalement, ces tensions géopolitiques n’ont pas entamé les performances de Baker Hughes. L’entreprise a publié des résultats du premier trimestre supérieurs aux attentes, avec un EBITDA ajusté de 1,16 milliard de dollars.
Cette résilience financière illustre la capacité du secteur des services pétroliers à tirer parti de l’instabilité géopolitique, transformant les crises énergétiques en opportunités commerciales.
