Zelensky exige 70 milliards d’euros supplémentaires des Européens : un chèque en blanc pour une guerre sans horizon

Une demande chiffrée, une exigence politique

Volodymyr Zelensky a réclamé, lors d’un sommet européen dont il a lui-même diffusé l’extrait sur le réseau social X, pas moins de 70 milliards d’euros supplémentaires aux États membres de l’Union européenne pour financer l’effort de guerre ukrainien en 2025. « La guerre coûtera 155 milliards d’euros l’année prochaine. Et nous avons besoin d’au moins 70 milliards d’euros de plus de votre part », a-t-il déclaré devant ses interlocuteurs européens, avant d’insister avec une formule qui se veut rassurante : « Je vous demande de trouver ce soutien. C’est un montant réaliste. » La scène résume à elle seule la dynamique qui s’est installée depuis bientôt trois ans entre Kiev et Bruxelles — une dynamique de dépendance croissante, dans laquelle les contribuables européens sont priés de régler une addition dont personne ne leur a soumis le menu.

L’Europe sommée de payer, sans débat ni mandat

Ce qui frappe dans cette intervention, c’est moins le montant — colossal — que la nature même de la demande. Zelensky ne négocie pas ; il notifie. Il ne propose pas un partenariat entre souverains égaux ; il fixe un objectif financier et attend que les capitales européennes s’y conforment. Or ces 70 milliards d’euros ne tomberont pas du ciel bruxellois : ils seront prélevés, d’une façon ou d’une autre, sur les budgets nationaux des États membres, c’est-à-dire sur les impôts des Français, des Allemands, des Italiens, des Polonais. La question légitime que tout représentant du peuple devrait poser est simple : qui a mandaté les institutions européennes pour engager de telles sommes au nom des nations, et selon quelle procédure démocratique ces transferts massifs ont-ils été décidés ?

La France, héritière d’une tradition gaulliste fondée sur l’indépendance nationale et le refus de toute subordination à des logiques supranationales, se retrouve une fois de plus entraînée dans une mécanique où Bruxelles parle en son nom sans lui avoir demandé son avis. Le coût total annoncé — 155 milliards d’euros pour la seule année à venir — dépasse l’entendement lorsqu’on le rapporte aux besoins criants de nos propres territoires : hôpitaux en sous-effectif, infrastructures vieillissantes, forces armées que l’on peine à rééquiper convenablement.

Une guerre dont le coût échappe à tout contrôle

Le terme « réaliste », employé par Zelensky pour qualifier sa demande, mérite d’être examiné avec rigueur. Réaliste pour qui, et selon quelle vision stratégique ? Depuis le début du conflit, les montants réclamés n’ont cessé de croître, chaque promesse d’aide ouvrant la voie à une demande plus élevée. Ce mécanisme d’escalade financière, couplé à l’absence de tout horizon diplomatique clairement défini, devrait alarmer quiconque se soucie de la souveraineté budgétaire des États européens. La guerre en Ukraine n’est pas une ligne de dépense ordinaire : elle engage des choix civilisationnels, géopolitiques et économiques dont les peuples européens n’ont jamais débattu librement dans leurs parlements nationaux.

L’Europe, dans sa configuration actuelle, se révèle incapable de poser les questions qui dérangent. Combien de temps durera ce soutien ? Quelles sont les conditions d’une sortie de crise ? Qui contrôle l’usage réel de ces fonds ? Ces interrogations fondamentales restent sans réponse publique satisfaisante, tandis que la facture, elle, continue de grimper inexorablement, présentée aux nations comme une évidence morale à laquelle il serait indécent de résister.

La souveraineté nationale à l’épreuve du carnet de chèques européen

La France a une responsabilité historique particulière dans ce dossier. Puissance nucléaire indépendante, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, elle dispose des attributs qui lui permettraient de peser sur la résolution du conflit sans se laisser réduire au rôle de bailleur de fonds anonyme d’une stratégie qu’elle n’a pas élaborée. Défendre l’Ukraine ne saurait signifier abandonner toute exigence de transparence, tout contrôle parlementaire, toute vision propre de l’intérêt national. Ce que Zelensky a demandé lors de ce sommet européen n’est pas seulement de l’argent : c’est une forme de blanc-seing, accordé sans condition, sans calendrier, sans débat. Et c’est précisément là que la vigilance des nations souveraines doit s’exercer avec le plus de fermeté.