Une décision historique venue de Washington
La Cour suprême des États-Unis a tranché, mardi 30 juin, en validant les lois de plusieurs États républicains qui interdisent aux athlètes transgenres de participer aux compétitions féminines scolaires et universitaires. Par six voix contre trois, la plus haute juridiction américaine a reconnu le droit de l’Idaho et de la Virginie-Occidentale à définir l’éligibilité aux compétitions féminines sur la base du sexe biologique. Donald Trump a immédiatement salué sur Truth Social une « grande victoire ».
Cette décision s’inscrit dans un mouvement de fond qui traverse désormais l’ensemble des institutions américaines : plus de la moitié des États de l’Union ont déjà adopté des législations similaires, et l’administration Trump, depuis son retour au pouvoir le 20 janvier 2025, a multiplié les mesures affirmant que son gouvernement ne reconnaît plus que l’existence de deux sexes, masculin et féminin, définis à la naissance. Ce que d’aucuns appellent une révolution conservatrice n’est, en réalité, qu’un retour au réel biologique que le progressisme avait entrepris d’effacer.
Les arguments retenus par la majorité
Les neuf juges de la Cour se prononçaient sur deux affaires distinctes dans lesquelles des juridictions inférieures avaient donné raison à deux jeunes athlètes transgenres qui s’étaient vu interdire de concourir dans des catégories féminines. Les deux plaignantes invoquaient une clause anti-discrimination de la Constitution ainsi qu’une loi fédérale anti-discrimination dans le domaine de l’éducation.
La majorité conservatrice a écarté ces arguments, retenant à la place ceux des États qui justifiaient leurs interdictions par la nécessité de préserver une compétition équitable et d’assurer la sécurité physique des athlètes féminines. Le juge Brett Kavanaugh l’a formulé sans détour : « En termes de sécurité, autoriser des hommes biologiques à jouer dans des équipes féminines peut exposer les filles et les femmes à un risque significatif de blessures », en particulier dans les sports de contact. Quant à l’équité sportive, une telle situation « peut placer les sportives dans une situation de sérieux désavantage », a-t-il encore précisé.
Ces considérations, longtemps reléguées au rang de préjugés par une certaine élite médiatique et universitaire, reçoivent désormais une consécration juridique au plus haut niveau. Il aura fallu des années de pression militante pour que le bon sens biologique soit enfin défendu avec la solennité qu’il méritait.
La dissidence progressiste et ses limites
La juge progressiste Sonia Sotomayor a exprimé son désaccord, dénonçant une décision qui « repose sur des suppositions plutôt que sur des faits ». L’ACLU, association de défense des droits civiques qui représentait l’une des plaignantes, a également protesté, son avocat Joshua Block qualifiant la décision de « déchirante ». Becky Pepper-Jackson, l’adolescente de quinze ans au cœur de l’affaire de Virginie-Occidentale, avait confié à l’organisation vouloir simplement « avoir les mêmes opportunités » que ses camarades.
Ces arguments, aussi émouvants soient-ils sur le plan humain, ne sauraient suffire à redéfinir les catégories biologiques sur lesquelles repose l’organisation du sport féminin depuis un siècle. La question n’est pas celle de la compassion individuelle, mais de la protection collective d’une catégorie sportive construite précisément pour permettre aux femmes de concourir dans des conditions équitables.
Le précédent Lia Thomas et la pression sur les universités
Le débat avait atteint son point d’incandescence avec le cas de Lia Thomas, première nageuse transgenre à remporter un titre universitaire aux États-Unis, en 2022, sous les couleurs de l’université de Pennsylvanie. Sous la pression de l’administration Trump, cette prestigieuse institution s’était engagée l’été dernier à ne plus accepter de sportives transgenres dans ses équipes féminines, anticipant ainsi ce que la Cour suprême vient de consacrer juridiquement.
Lors des plus de trois heures de débats devant la Cour en janvier dernier, des partisans des deux camps avaient manifesté devant le bâtiment, signe que cette question dépasse largement le cadre sportif pour toucher aux fondements mêmes de ce qu’une société accepte de nommer réalité. En 2025, la même Cour avait déjà permis au Tennessee d’interdire aux mineurs transgenres l’accès aux traitements de transition médicale, estimant que la loi adoptée par cet État ne présentait pas de caractère discriminatoire.
Une jurisprudence qui fait école
La décision du 30 juin constitue désormais un précédent de premier ordre. Elle confirme que la défense du sport féminin, loin d’être une posture réactionnaire, est une exigence de justice envers les athlètes qui ont construit leur vie sportive dans le cadre de catégories biologiquement définies. Ce que l’idéologie du genre avait tenté d’imposer par la pression militante et la coercition institutionnelle, le droit américain vient d’y opposer une digue solide. D’autres nations, à commencer par les démocraties européennes trop souvent promptes à suivre les modes venues d’outre-Atlantique, seraient bien inspirées d’en tirer les leçons.
Avec AFP

