Un record qui n’en finit plus d’être battu
Deux cent trente personnes. Sur un seul canot de fortune. La Manche, frontière maritime de la France, est devenue le théâtre d’une surenchère sans limite. L’association de sauvetage SNSM a confirmé le chiffre dans un communiqué officiel, repris par la BBC et l’agence de presse britannique PA : 230 migrants, dont plus de 20 enfants, entassés sur une embarcation précaire lors d’une traversée clandestine récente.
Ce chiffre pulvérise le précédent record établi en juillet dernier, lorsque 165 personnes avaient déjà défié toute logique humaine en s’engageant sur ces eaux traîtresses. La question s’impose, brutale : où est l’État français dans tout cela ?
L’industrialisation du passage clandestin
Jean-Marc Lamblin l’a dit sans détour : « Il n’y a vraiment plus aucune limite. » Ce constat n’est pas celui d’un militant. C’est celui d’un homme de mer, confronté chaque semaine à l’ampleur d’un phénomène que les gouvernements successifs ont refusé de traiter à la racine. Pendant ce temps, les passeurs, eux, innovent.
Des canots de 15 mètres, conçus pour transporter quelques dizaines de personnes dans des conditions minimales de sécurité, embarquent désormais plus de deux cents âmes. C’est une économie criminelle à ciel ouvert. Elle prospère sur les côtes françaises.
La souveraineté en question
Que signifie posséder une frontière maritime si l’on ne la contrôle pas ? La Manche n’est pas une zone grise internationale. Elle est française. Les plages du Pas-de-Calais, de Berck à Boulogne, sont françaises. Et pourtant, chaque nuit, des embarcations surchargées s’y élancent sous l’œil impuissant — ou complice — d’une administration qui a choisi la gestion humanitaire plutôt que la défense du territoire national.
La souveraineté frontalière n’est pas un concept abstrait réservé aux traités. C’est la capacité concrète d’un État à décider qui entre et qui n’entre pas sur son sol. Cette capacité, la France l’a progressivement abandonnée sous la pression des injonctions européennes et des anathèmes progressistes. Le résultat est là : 230 personnes sur un canot, et personne pour répondre.
Un enjeu de civilisation, pas seulement de sécurité
Derrière chaque record battu se cache une réalité que l’on préfère taire : l’absence totale de dissuasion. Tant que la traversée demeure possible, tant que l’accueil est garanti et le renvoi rarissime, les flux ne tariront pas. Ils augmenteront. Mécaniquement. Inexorablement.
La France a su, par le passé, défendre ses frontières, sa langue, son identité avec la fermeté que commande l’amour d’une nation. Ce n’est pas de l’inhumanité que de vouloir restaurer cet ordre. C’est, au contraire, la condition première d’une politique migratoire digne et cohérente — une politique que ni Bruxelles ni les passeurs n’ont intérêt à voir émerger.

