Airbus : bénéfices records, primes en chute libre — les salariés français en colère, la grève menace

Airbus affiche 5,2 milliards de bénéfice net et réduit de moitié la prime de ses salariés

Alors qu’Airbus a engrangé un bénéfice net record de 5,2 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 23 % par rapport à l’exercice précédent, la direction a annoncé une prime de participation moyenne de 2 057 euros pour ses salariés français — en recul de 54 % par rapport à l’année précédente. Une décision qui a mis le feu aux poudres dans les usines du géant aéronautique.

Des débrayages spontanés ont éclaté sur plusieurs sites industriels, notamment à Toulouse, Nantes et Méaulte. Les syndicats FO, CFE-CGC et CFTC menacent désormais de déclencher une grève si la direction ne consent pas à un effort financier significatif.

L’argument du taux de change : une explication jugée insuffisante

Pour justifier cette chute brutale, la direction d’Airbus invoque un taux de change euro/dollar défavorable. Une explication technique qui laisse les organisations syndicales de marbre face à des profits qui, eux, ont atteint des sommets historiques.

Voici l’évolution du montant moyen des primes de participation versées aux salariés d’Airbus en France :

La question mérite d’être posée : comment un groupe qui réalise des profits records peut-il se retrancher derrière les aléas monétaires pour amputer de moitié la part des richesses revenant à ceux qui les produisent ?

Les syndicats exigent deux mesures concrètes

Le 18 mai, lors de la première réunion de négociation sur l’accord de groupe relatif à la participation, l’entente syndicale a formulé deux revendications principales auprès de la direction.

Face à la pression sociale, la direction semble avoir entendu le message. Elle a indiqué qu’elle étudierait un mécanisme de neutralisation du taux de change pour les futures primes, et s’est engagée à verser une prime exceptionnelle à l’ensemble du personnel du groupe.

Le 27 mai, jour de vérité

Le montant de cette prime exceptionnelle sera dévoilé lors de la deuxième réunion de négociation prévue le 27 mai. Si ce chiffre ne satisfait pas les salariés et leurs représentants, un mouvement de grève sur les sites industriels français d’Airbus demeure une menace bien réelle.

L’entente syndicale, qui se félicite que « le dialogue social semble enfin trouver toute sa place », reste néanmoins vigilante. Le compte à rebours est lancé pour la direction d’un groupe qui, rappelons-le, n’a jamais autant gagné d’argent.

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