Comptes de campagne LFI 2017 : quatre mis en examen après six ans d’instruction à Paris

Une affaire de surfacturation au cœur de la campagne Mélenchon

La justice française soupçonne Mediascop, la société de conseil en communication de la députée parisienne Sophia Chikirou, d’avoir surfacturé des prestations lors de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017. En cause : une possible escroquerie au préjudice de l’État, les dépenses de campagne étant remboursées sur fonds publics. L’enquête a été ouverte à Paris dès avril 2018, sur signalement de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), puis de la cellule de renseignement financier Tracfin.

Des perquisitions spectaculaires pour ouvrir les hostilités

En octobre 2018, le parquet ordonnait des perquisitions retentissantes : le siège de La France Insoumise, le domicile du leader du mouvement et les locaux de nombreux collaborateurs étaient simultanément fouillés. L’opération avait déclenché la fureur du parti de gauche radicale, prompte à crier au complot politique.

Le dossier était ensuite confié à des juges d’instruction début novembre 2018, avant d’aboutir aux premières mises en examen au printemps 2021 : l’association L’Ère du peuple et la mandataire financière Marie-Pierre Oprandi étaient visées principalement pour « prêt illicite de main-d’œuvre ». LFI s’était empressé de crier victoire, les chefs d’inculpation restant alors en deçà des soupçons initiaux d’escroquerie.

Une instruction qui s’est progressivement alourdie

La justice n’en est pas restée là. En septembre 2021, le député LFI de Seine-Saint-Denis Bastien Lachaud, salarié en 2017 comme trésorier de L’Ère du peuple, était mis en examen pour « prêt illicite de main-d’œuvre, faux, escroquerie et tentative d’escroquerie ». Les charges contre l’association elle-même étaient aggravées en février 2022, avec l’ajout des infractions d’« escroquerie et tentative d’escroquerie aggravée » ainsi que de « faux et usage de faux ».

Dernier acte en date : en septembre 2024, Sophia Chikirou était à son tour mise en examen pour escroquerie aggravée, abus de biens sociaux et recel d’abus de confiance. Au total, quatre personnes ou entités se trouvent désormais sous le coup d’une mise en examen dans ce dossier, dont l’instruction parisienne touche à sa fin.

L’argent public au service d’un appareil partisan ?

Cette affaire illustre une question que la gauche radicale préfère esquiver : celle de l’utilisation des deniers publics — remboursements de campagne inclus — au profit d’un appareil politique dont les pratiques financières sont aujourd’hui scrutées par la justice. Pendant que LFI donnait des leçons de morale républicaine à la nation, ses propres comptes faisaient l’objet d’une instruction pour escroquerie aggravée.

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