La préfecture frappe, LFI contre-attaque
Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a interdit mercredi 17 juin le concert gratuit organisé par La France insoumise (LFI) place de la République à l’occasion de la Fête de la musique. Motif invoqué : la participation annoncée du Comité Adama, de sa fondatrice Assa Traoré et du rappeur Médine, figures ouvertement hostiles aux forces de l’ordre.
Le parti de Jean-Luc Mélenchon a aussitôt annoncé un recours devant le tribunal administratif. Son coordinateur national, Manuel Bompard, dénonce des « pratiques autoritaristes » visant à entraver la campagne présidentielle.
Les raisons officielles de l’interdiction
Dans son arrêté publié en début de soirée, le préfet Faure justifie sa décision par le risque d’attirer « un public hostile aux forces de l’ordre » et de favoriser « la diffusion de propos appelant à la haine, à la discrimination ou à la violence envers les institutions ».
Le préfet cite notamment le slogan « Tout le monde déteste la police », associé au Comité Adama, et reproche au rappeur Médine des propos à caractère haineux. Il invoque également « un contexte politique très polarisé » susceptible de « nourrir les velléités d’affrontements ».
Mélenchon crie au « scandale démocratique »
Jean-Luc Mélenchon a réagi avec véhémence sur le réseau social X, dénonçant « un scandale démocratique grave en période électorale ». Il affirme que l’interdiction aurait été décidée « à la demande du président du Crif Yonathan Arfi et du maire socialiste de l’arrondissement Paris Centre, Ariel Weil ».
Le candidat insoumis accuse ainsi des « groupes et individus se déclarant hostiles à LFI » d’avoir exercé des pressions sur la préfecture pour obtenir cette décision de dernière minute.
Des voix qui avaient alerté dès lundi
Dès lundi, Yonathan Arfi avait publiquement mis en cause la nature politique du concert : « Pour LFI, la musique n’est pas une fin, c’est un moyen, au service d’un agenda politique. Ce concert est légal, mais est-il pertinent pour la démocratie ? »
Ariel Weil, maire de Paris Centre, avait quant à lui invoqué l’ordre public : « Non, il n’est pas possible de récupérer la Fête de la musique à des fins politiques. Compte tenu des foules dans la rue, c’est un danger pour la sécurité. »
LFI exige des garanties pour la présidentielle
Manuel Bompard a formellement demandé au ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, « de prendre les dispositions nécessaires pour garantir une campagne présidentielle libre et équitable ».
L’affaire illustre la tension croissante entre les institutions républicaines et un mouvement qui, en conviant Assa Traoré et Médine sur une scène publique, assumait pleinement une ligne de fracture avec l’ordre établi — fracture que la préfecture, cette fois, a refusé de laisser s’exprimer place de la République.
Avec AFP
