Débâcle sociale-démocrate : Borne et Vallaud claquent la porte
À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, le camp social-démocrate s’effondre de l’intérieur. En l’espace de quelques jours, Élisabeth Borne et Boris Vallaud ont tous deux quitté avec fracas les instances dirigeantes de leurs partis respectifs, révélant une recomposition politique chaotique et des ambitions personnelles impossibles à concilier.
Borne désavoue Attal, Renaissance se déchire
Élisabeth Borne a démissionné mercredi de la présidence du conseil national de Renaissance, invoquant une ligne politique avec laquelle elle ne se retrouve « pas complètement ». Ce départ intervient précisément au lendemain du passage en force de Gabriel Attal pour la présidentielle, une manœuvre qui devait être entérinée par le conseil national.
Le message est sans ambiguïté. Ce dimanche, l’ancienne Première ministre a déclaré : « Je fais partie d’une génération qui s’engageait davantage pour des idées, moins pour des postes. » Un désaveu cinglant pour son successeur à Matignon, dont l’agitation présidentielle ne suscite pour l’heure aucun ralliement significatif.
Vallaud renverse Faure, le PS plonge dans la crise
Au Parti socialiste, le séisme est tout aussi brutal. Boris Vallaud a quitté vendredi soir la direction du PS avec ses troupes, plaçant officiellement en minorité le premier secrétaire Olivier Faure. Ce dernier, réfugié dimanche à Château-Chinon pour célébrer le 45e anniversaire de l’élection de François Mitterrand, devra affronter dès ce lundi les conséquences de sa déroute interne.
Faure défendait encore mardi dernier, lors d’un meeting à La Bellevilloise à Paris, le projet de « primaire unitaire » de la gauche, entouré de Clémentine Autain, Marine Tondelier, Lucie Castets et François Ruffin. C’est précisément cet attachement solitaire à une initiative jugée mal ficelée que Vallaud lui reproche. La primaire unitaire est désormais morte-née.
Le sourire de Hollande, la patience de Philippe
Parmi ceux qui observent ce naufrage avec une satisfaction non dissimulée, François Hollande n’a guère cherché à masquer sa joie dimanche : « Il n’y aura pas de primaire pour désigner un candidat avec la gauche au-delà du PS. C’est fini, c’est terminé. » L’ancien chef de l’État espère se positionner, une fois la tempête passée, en rassembleur providentiel.
Édouard Philippe, lui, réunissait ce dimanche ses cadres à Reims. Le maire du Havre, favori assumé, observe ces claquages de portes comme une validation de sa stratégie d’attente. Il espère afficher prochainement des soutiens de poids, à commencer par le garde des Sceaux Gérald Darmanin.
Mélenchon seul maître à bord à gauche
Dans ce paysage de ruines, Jean-Luc Mélenchon peut savourer. Il y a huit jours, en annonçant officiellement sa candidature, il lançait : « Nous, c’est carré. » Chez ses adversaires sociaux-démocrates, c’est plus que flou — c’est le chaos.
Philippe et Mélenchon : deux candidats déclarés que tout oppose idéologiquement, mais qui partagent aujourd’hui un même intérêt objectif — regarder Attal et Faure se noyer, et en tirer profit.
