Droits d’inscription des étudiants étrangers : le gouvernement recule, mais la hausse reste massive

Un recul tactique qui ne change pas l’essentiel

Le gouvernement français a partiellement assoupli son projet de décret sur les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires, face aux pressions du monde universitaire. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé cet assouplissement dans le cadre du plan « Choose France for Higher Education », présenté le 20 avril. La hausse, elle, demeure.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

À la prochaine rentrée universitaire, un étudiant venu d’un pays hors Union européenne devra débourser 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui. En master, la facture grimpera de 254 euros à 3 941 euros annuels.

Ces tarifs s’appliquaient déjà en droit depuis 2019, mais les universités françaises avaient massivement contourné la mesure par des exonérations généralisées. Le gouvernement entend désormais y mettre fin.

La concession : un quota d’exonérations élargi

Le nouveau projet de décret, examiné par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), introduit une phase transitoire sur les exonérations possibles :

L’ancienne version du décret ne prévoyait qu’un plafond de 10 %, jugé inacceptable par les présidents d’université. La réunion précédente du Cneser avait été boycottée par une large partie de ses membres, forçant le report du vote au 12 mai.

Une réforme assumée : en finir avec les exonérations massives

Le ministre Baptiste avait été explicite : « Les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives, elles seront réservées à des cas très précis. » Les boursiers du gouvernement français et les étudiants en mobilité d’échange resteront exemptés du dispositif.

La logique est claire : l’enseignement supérieur français, financé par le contribuable national, ne peut indéfiniment subventionner à tarif quasi-gratuit des ressortissants de pays tiers, au détriment de la qualité des établissements eux-mêmes.

La gauche universitaire dans la rue

Des syndicats étudiants et organisations de l’enseignement supérieur ont organisé une journée de mobilisation, avec des rassemblements notamment devant le campus de Jussieu à Paris. La Fage dénonce une « mise à la porte définitive » de milliers d’étudiants étrangers. L’Unef accuse le gouvernement de « faire payer son propre désinvestissement dans les universités aux étudiants étrangers ».

Ces arguments, aussi prévisibles que répétés, occultent une réalité arithmétique : à la rentrée 2023, sur les 319 900 étudiants étrangers en mobilité internationale inscrits dans l’enseignement supérieur français, 137 800 ressortissants extracommunautaires étaient potentiellement concernés par les droits majorés.

La vraie question : à qui profite la générosité forcée ?

Pendant des années, la France a offert à des étudiants du monde entier un accès quasi-gratuit à ses universités publiques, construites et financées par des générations de contribuables français. Cette politique de largesse unilatérale, jamais soumise au débat démocratique, a été imposée par idéologie cosmopolite au mépris de toute réciprocité.

La réforme engagée, même imparfaite et timide, pose enfin la bonne question : l’université française est-elle un bien commun national ou un service universel gratuit ouvert à la planète entière ? La réponse devrait aller de soi.

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