Guerre contre l’Iran : Pete Hegseth affronte un Congrès américain en colère, 25 milliards de dollars dépensés en deux mois

Une audition explosive au Congrès américain

Pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran il y a deux mois, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d’état-major Dan Caine ont comparu mercredi devant le Congrès américain. Pendant plus de quatre heures, ils ont dû répondre aux questions des élus sur les objectifs, le coût et les résultats d’un conflit qui divise profondément Washington.

L’audition a rapidement tourné à l’affrontement partisan. D’un côté, les républicains ont exprimé leur soutien à l’opération militaire en s’attardant sur les détails budgétaires ; de l’autre, les démocrates ont attaqué sur plusieurs fronts.

Les démocrates à l’offensive sur les coûts humains et financiers

Les élus démocrates ont mis en cause l’explosion des coûts de guerre, la réduction drastique des stocks de munitions américaines essentielles, et le bombardement de l’école de Minab, dans le sud de l’Iran, qui a coûté la vie à des enfants.

Certains parlementaires ont également remis en question la gestion des alliances internationales par le président Donald Trump, ainsi que ses justifications changeantes pour entrer en guerre contre Téhéran.

Hegseth, inflexible : « L’Iran est anéanti »

Fidèle à son style direct et combatif, Pete Hegseth n’a concédé aucune faille dans le dispositif militaire américain. « Le blocus que nous avons mis en place dans le détroit d’Ormuz, ils n’ont pas les moyens de le contester », a-t-il affirmé, se présentant en vainqueur face à une opposition qu’il juge défaitiste.

Il a balayé d’un revers de main toutes les critiques, les qualifiant de purement politiques, et s’en est pris directement aux élus qui les formulaient. « Le plus grand adversaire auquel nous sommes confrontés, ce sont les propos irresponsables et défaitistes des démocrates du Congrès et de certains républicains », a-t-il lancé.

Accusations de mensonge et flambée des prix de l’essence

Le représentant californien John Garamendi n’a pas mâché ses mots : « Monsieur le secrétaire, vous mentez au public américain au sujet de cette guerre depuis le premier jour, tout comme le président. » Il a qualifié le conflit de « calamité géopolitique », d’« erreur stratégique » et de « blessure auto-infligée à l’Amérique ».

Hegseth a répliqué avec virulence : « Qui soutenez-vous ici ? Votre haine envers le président Trump vous aveugle sur le succès de la guerre. » Les démocrates ont par ailleurs dénoncé la hausse des prix de l’essence, qui menace désormais le pouvoir d’achat de millions d’Américains.

25 milliards de dollars en deux mois : le chiffre qui fait trembler

La seule révélation concrète de cette audition aura été le coût officiel du conflit, rendu public pour la première fois par le Pentagone : 25 milliards de dollars dépensés en l’espace de deux mois.

Lorsqu’un élu lui a demandé combien de temps la guerre pourrait encore durer, Pete Hegseth n’a pas répondu. Un silence éloquent, qui résume à lui seul l’absence de stratégie de sortie d’une aventure militaire dont Washington commence à mesurer, tardivement, le vertigineux coût humain, financier et diplomatique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *