À Liévin, Marine Le Pen et Bardella affichent leur unité à 72 heures du verdict en appel

Liévin, 4 juillet 2026. À trois jours de la décision de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front National, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont choisi le Pas-de-Calais pour démontrer, devant leurs militants, que le Rassemblement National tient bon.

La Fête champêtre organisée par le RN à Liévin, dans ce Nord ouvrier qui fut longtemps le cœur battant de la France laborieuse, a réuni plusieurs milliers de sympathisants venus témoigner leur soutien à celle que la justice républicaine menace d’inéligibilité. Marine Le Pen y est arrivée sous les acclamations, entourée de ses fidèles, dans une atmosphère que ses partisans ont voulu résolument festive — et délibérément politique. Le message était limpide : ni résignation, ni retraite.

Car l’enjeu dépasse la seule personne de la présidente du RN. Ce que la cour d’appel de Paris rendra dans soixante-douze heures pourrait redessiner l’ensemble du paysage politique français à l’horizon de la prochaine présidentielle. Une confirmation de la peine d’inéligibilité prononcerait, de fait, l’exclusion judiciaire de la femme qui a rassemblé plus de treize millions de voix au second tour de 2022. Voilà une question que la nation entière est en droit de poser.

Un front uni face à la tempête judiciaire

Jordan Bardella, président du parti et figure montante d’une droite nationale revigorée, s’est affiché aux côtés de Marine Le Pen avec une solidarité ostensible. Ensemble, ils ont incarné cette continuité de direction que leurs adversaires espèrent briser par voie de prétoire. Le choix de Liévin n’est pas anodin : cette terre du charbon, de la sueur et de la dignité ouvrière, longtemps abandonnée par une gauche convertie au cosmopolitisme mondialiste, est aujourd’hui l’un des bastions les plus solides du vote patriote. Y tenir ce rassemblement, c’est rappeler que le RN puise sa force dans la France réelle, celle que les technocrates bruxellois et les éditorialistes parisiens regardent de haut.

Le procès lui-même — celui des assistants parlementaires européens du FN — illustre, aux yeux des militants présents, une vérité que la droite nationale répète depuis des années : les institutions judiciaires et européennes convergent pour neutraliser toute opposition souverainiste sérieuse. Que l’on partage ou non cette lecture, force est de constater que la simultanéité entre la montée en puissance électorale du RN et l’accélération de ses démêlés judiciaires nourrit, dans les rangs du mouvement, un sentiment de persécution profondément ancré. La France mérite un débat politique tranché dans les urnes, non dans les prétoires.

La sentence tombera dans les prochaines heures. D’ici là, Liévin aura offert à Marine Le Pen ce que nul tribunal ne peut lui retirer : la chaleur de la foule, et la certitude d’incarner, pour des millions de Français, bien plus qu’un dossier judiciaire.