Depuis le 22 juillet, Google impose à tous les internautes français ses résumés générés par intelligence artificielle en tête des résultats de recherche — sans offrir le moindre bouton pour les désactiver. La France était pourtant le dernier grand marché européen à avoir échappé à ce déploiement forcé, deux ans après les États-Unis. Voici ce qu’il faut retenir de la situation et des alternatives disponibles.
Ce que Google impose, sans demander l’avis
Le système baptisé AI Overview, piloté par le modèle Gemini, relègue désormais les liens classiques sous un encart de synthèse automatique. Aucun réglage natif ne permet de le désactiver. Seuls des contournements techniques existent — le paramètre udm=14 dans l’URL ou des extensions tierces — mais ils exigent une démarche volontaire que la grande majorité des utilisateurs n’entreprendra jamais. Cette logique d’imposition sans consentement illustre parfaitement la manière dont les grandes plateformes américaines traitent les marchés européens : comme des territoires à coloniser, non comme des partenaires à respecter. Face à cette tutelle numérique, changer de moteur par défaut demeure la réponse la plus souveraine.
Comment basculer depuis un iPhone ou un Android
Sur iPhone, le chemin passe par Réglages > Safari > Moteur de recherche, où cinq options sont proposées nativement, dont DuckDuckGo et Ecosia. Qwant, Startpage, Brave Search et Kagi n’y figurent pas ; pour les intégrer à Safari, il faut recourir à une extension comme AnySearch ou, plus simplement, télécharger le navigateur dédié du moteur visé.
Sur Android, Chrome propose le même quintette de base — Google, Bing, Yahoo, DuckDuckGo, Ecosia — mais ajoute automatiquement tout moteur dont vous avez visité le site récemment. Il suffit donc de passer une fois sur qwant.com ou startpage.com pour le voir apparaître dans Paramètres > Moteur de recherche. Pour Kagi, un ajout manuel reste possible via « Gérer les moteurs de recherche » en renseignant l’URL de recherche.
Le vrai clivage : IA imposée contre IA choisie
La question n’est plus de savoir si un moteur intègre de l’intelligence artificielle, mais de savoir qui décide de son activation. DuckDuckGo, Startpage et Kagi permettent de chercher sans croiser le moindre résumé automatique. Qwant et Ecosia, qui utilise Mistral et le même index Staan, proposent leurs propres aperçus IA, mais les rendent désactivables. Google, lui, n’offre rien de tel. Ce déséquilibre n’est pas anodin : il traduit une conception du numérique où l’utilisateur est un sujet passif, non un citoyen souverain. À l’heure où la France dispose d’un moteur national compétitif, d’un modèle d’IA domestique reconnu mondialement — Mistral — et d’une tradition républicaine fondée sur la liberté de choix, il serait paradoxal de continuer à s’en remettre aveuglément aux outils de Mountain View.

