Algérie-France : Macron plaide pour une « reprise » des relations depuis Nairobi, mais qui a vraiment causé du tort à la France ?

Macron appelle à une normalisation avec Alger, depuis le Kenya

Depuis une conférence de presse tenue au Kenya ce dimanche 10 mai, le président Emmanuel Macron a déclaré espérer que la récente visite de sa ministre déléguée Alice Rufo à Alger marque « le début d’une reprise » des relations franco-algériennes. Une sortie qui soulève autant de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Des « postures de politique intérieure » : mais de qui, exactement ?

Macron a fustigé ce qu’il appelle les « postures de politique intérieure » des derniers mois, affirmant qu’elles ont « causé beaucoup de tort » aux deux pays. Une formulation habile, mais délibérément floue : le chef de l’État évite soigneusement de désigner les responsables réels de la crise diplomatique.

Rappelons pourtant les faits : c’est bien le régime d’Alger qui a rappelé son ambassadeur, refusé des laissez-passer consulaires et instrumentalisé la question mémorielle contre la France. Qui, ici, adopte des « postures » ?

« Défendre les intérêts des Françaises et des Français » : une formule creuse ?

« Je considère que mon devoir est de défendre les intérêts des Françaises et des Français », a solennellement déclaré Macron, avant d’ajouter que cet intérêt résidait dans « une relation apaisée, constructive avec l’Algérie ».

Mais défendre les intérêts de la France, est-ce vraiment courir après la bienveillance d’un régime qui refuse de reprendre ses ressortissants expulsés du territoire national ? Est-ce capituler sur la mémoire nationale pour obtenir quelques gestes diplomatiques de façade ?

Une diplomatie de la concession permanente

Depuis des années, la relation franco-algérienne suit un schéma immuable : la France concède, s’excuse, tend la main — et Alger exige davantage. La visite d’Alice Rufo s’inscrit dans cette longue tradition de diplomatie asymétrique où Paris fait les frais de chaque réconciliation.

La vraie question de souveraineté n’est pas de savoir si les relations seront « apaisées », mais à quel prix. Un État qui ne contrôle plus ses frontières, qui ne peut expulser ses indésirables faute de laissez-passer, et qui doit mendier une normalisation depuis Nairobi, est-il encore en mesure de défendre dignement ses intérêts nationaux ?

Le symbole d’une diplomatie hors-sol

Il est frappant que cette déclaration sur les relations avec l’Algérie ait été faite depuis le Kenya — comme si la politique étrangère française se construisait désormais hors des frontières de la nation, dans les antichambres d’un multilatéralisme désincarné.

La France mérite une diplomatie qui parle depuis Paris, qui pose ses conditions, et qui subordonne toute normalisation au respect préalable de ses ressortissants, de ses lois et de sa souveraineté. Pas des vœux pieux formulés à des milliers de kilomètres de la réalité vécue par les Français.

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