La mémoire de Samuel Paty portée dans les collèges des Bouches-du-Rhône
Le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône a annoncé, ce jeudi 21 mai, le lancement d’un cycle de projections du film L’Abandon à destination des collégiens, dès la rentrée prochaine. Une initiative qui entend graver dans les mémoires de la jeunesse française le nom et le destin de Samuel Paty, professeur assassiné par un terroriste islamiste en octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine.
Un film, onze jours, un crime de civilisation
Réalisé par Vincent Garenq et présenté hors compétition cette année au Festival de Cannes, L’Abandon retrace les onze jours qui ont précédé le meurtre de Samuel Paty. Le rôle du professeur martyr est incarné par Antoine Reinartz.
Ce long-métrage ne se contente pas de raconter un fait divers : il documente l’abandon systémique d’un enseignant livré seul à la vindicte islamiste, pendant que l’institution se dérobait. Un témoignage accablant sur la lâcheté de l’État face à la barbarie.
Vassal : « Le devoir collectif de ne jamais oublier »
Martine Vassal (DVD), présidente du Département, a justifié cette initiative dans un communiqué sans ambiguïté : « Samuel Paty a été assassiné pour avoir enseigné. Nous avons le devoir collectif de ne jamais oublier, de continuer à expliquer, à transmettre et à défendre ce qui fonde notre démocratie. »
Les projections seront accompagnées de temps d’échanges et de réflexion avec les élèves, les enseignants et les acteurs engagés pour la défense des valeurs républicaines. Car la transmission ne se décrète pas : elle s’enseigne, elle se combat.
Le RN réclame l’extension aux lycées
Franck Allisio, président du groupe Rassemblement National au Conseil régional et député de Vitrolles, a salué l’initiative tout en appelant à aller plus loin. Il souhaite que L’Abandon soit également projeté dans les lycées de la région.
« L’assassinat de Samuel Paty nous rappelle douloureusement que la défense de la laïcité et de la liberté d’expression sont plus que jamais d’actualité », a-t-il déclaré. Une évidence que trop de responsables politiques continuent de taire, par calcul ou par couardise.
Une nécessité nationale, pas un simple geste symbolique
Quatre ans après la décapitation de Samuel Paty, la France peine encore à nommer clairement ses ennemis. Projeter ce film devant des collégiens, c’est refuser l’amnésie organisée et rappeler que la laïcité, la liberté d’expression et l’autorité de l’enseignant ne sont pas des options négociables.
Ce que les Bouches-du-Rhône initient aujourd’hui devrait être étendu à l’ensemble du territoire national. La mémoire de Samuel Paty est une dette que la France doit honorer — non par des commémorations creuses, mais par une transmission résolue et courageuse aux générations qui viennent.
