La députée insoumise jugée pour tentative d’escroquerie contre « Le Média »
La députée La France Insoumise Sophia Chikirou comparaissait devant le tribunal pour des faits de tentative d’escroquerie remontant à juillet 2018, impliquant le site d’information « Le Média » qu’elle avait cofondé. L’élue, aujourd’hui âgée de quarante-six ans, est accusée d’avoir tenté de détourner 67 146 euros au profit de sa société de conseil personnelle, Médiascope.
Une députée qui se pose en victime politique
Après quatre heures d’audience, Sophia Chikirou a abandonné toute retenue pour interpeller directement la procureure : « Je n’arrive vraiment pas à comprendre pourquoi vous avez choisi le moment où j’étais candidate à la mairie de Paris pour ressortir cette affaire. » Son avocat, Dominique Tricaud, a qualifié le dossier de « poison politique », affirmant que si l’on avait voulu nuire à sa cliente, « on ne s’y serait pas pris autrement ».
Ce réflexe bien rodé de la gauche radicale — transformer toute mise en cause judiciaire en complot d’État — ne saurait pourtant occulter les faits reprochés, documentés et précis.
Des faits précis : virement frauduleux et chèques soustraits
L’accusation reproche à Chikirou d’avoir tenté, le 27 juillet 2018, de faire transférer 67 146 euros du compte de la webtélé vers Médiascope, alors même qu’elle venait d’être révoquée de son poste de présidente de la Société de production Le Média (SDPLM). Elle est également soupçonnée d’avoir soustrait deux chèques appartenant à la structure.
La procureure a estimé qu’à la date du rendez-vous bancaire, Chikirou « sait qu’elle n’est plus présidente » et qu’elle « usurpe » cette qualité pour obtenir un virement qui, in fine, n’a pas abouti. Des « faisceaux d’indices » ont également été relevés concernant les chèques.
Le parquet requiert une amende, écarte l’inéligibilité
La représentante du ministère public a elle-même reconnu que « ce n’est pas l’affaire du siècle », sollicitant une peine d’amende « proportionnée au montant de la facture » que Chikirou cherchait à se faire rembourser. Elle n’a pas requis de peine d’inéligibilité, pourtant encourue en pareille matière, invoquant « l’ancienneté des faits, la gravité limitée » et l’absence de victime constituée à l’audience.
La défense plaide le simple litige commercial
Me Tricaud a soutenu que l’affaire ne serait qu’un différend commercial entre deux sociétés, sur fond de départ conflictuel. Selon lui, Sophia Chikirou n’aurait appris sa révocation que par un SMS du psychanalyste Gérard Miller, cofondateur du Média, le 27 juillet en fin d’après-midi — soit après son premier passage à la banque.
« La thèse, c’était que la décision de révoquer Sophia Chikirou avait été prise le 24 juillet et que tout ce qui se déroule ensuite, c’est de l’escroquerie. Sauf que ça ne s’est pas passé comme ça », a plaidé l’avocat. Le tribunal rendra sa décision ultérieurement.
